Extrait – Chapitre II – Les gardiens

« Depuis son arrivée en ce monde, l’humanité agit de façon puérile, inconsciente de ses actes et dans ce qui lui paraît être un jeu, s’arrange facilement pour se déresponsabiliser de ce qu’elle lui fait subir. Tout comme ce qu’elle se fait subir à elle-même. Elle est encore trop jeune et ne se fait pas confiance. Elle se cherche.

Il est dit que l’évolution amènera, tôt ou tard, cette humanité à découvrir ce qu’elle est réellement, à prendre pleinement conscience de son immense potentiel, à la seule condition qu’elle accepte enfin son expérience et tout ce qui la dépasse. Malgré cet aspect de dualité, la vie offerte à l’humanité est beaucoup plus complexe, et quand elle se décidera à œuvrer pour la paix en dépit de ses parts d’ombre, elle permettra à l’harmonie et à l’amour de régner sur sa matrice tout entière.

Et elle y arrivera, il n’y a rien dont je sois plus certain. Cependant, à l’heure où vous recevez ce message, le chemin est encore long, même si le processus est engagé.

Beaucoup des grandes vérités immuables seront un jour révélées à travers moi, le livre du temps, qui détient le secret le mieux gardé de l’univers entre mes pages venues d’une autre dimension. Dans un premier temps, seuls les initiés, les âmes prêtes pour ce long voyage parviendront à me lire et décoder mon secret sans en écorcher le sens. Sans vouloir adapter les vérités dévoilées selon leurs propres ambitions.

Seuls les gardiens les plus aguerris seront à même un jour, à force de détermination, de sagesse et d’acceptation, de détenir et de propager ces grandes vérités qui vous animent tous, mais que vous avez encore trop peur d’entendre. Pour l’instant…

Si, par malheur, je venais à me retrouver détenu par des forces toutes aussi puissantes mais qui ont choisi la facilité de la destruction et du chaos, la face la plus sombre du monde sera révélée et entretenue à cause de ces âmes vindicatives qui resteront prisonnières des erreurs d’un passé qu’elles ne voudront jamais résoudre. Les efforts à fournir pour inverser la tendance et ramener l’espoir seront encore plus longs et difficiles. Vous ne l’imaginez même pas… Pourtant je sais que vous avez déjà l’impression d’être au plus bas en ce moment.

Vouloir avancer est une noble démarche, mais il faut apprendre à ne pas brûler les étapes, sinon les bases, les fondations des meilleures intentions ne seront pas solides, et lors du moindre moment de doute, elles s’effondreront. Tant que mes lecteurs, mes protecteurs ne seront pas prêts à abandonner leurs vieux schémas de pensées, je ne reflèterai que leurs côtés les plus sombres, afin qu’ils apprennent à les maîtriser et puissent enfin s’en libérer, les utiliser comme des messages de mise en garde. Si ces âmes, affaiblies par la peur, cherchent à tout prix à me retrouver pensant que je pourrais les libérer, et qu’elles y parviennent, le chaos sous forme de situations répétitives et non résolues engendrant une forte souffrance, se répandra et trouvera sa place dans le monde humain. Cela deviendra une dépendance, une mauvaise habitude qui rassurera les égos et les fiertés mal placés.

Chère humanité, c’est ton adolescence dans toute son immaturité et sa défiance qui te domine en ce moment, et ne sachant pas te fixer de limites, tu te testes et tu exploites tout ce qui se présente à toi sans réfléchir, te persuadant que les expériences les plus insensées sont encore plus intéressantes à prendre, ou qu’elles te libéreront plus facilement de ta souffrance. Plus aucun ordre, aucune structure ni aucune loi pour te calmer et te faire réfléchir à tes actes les plus déments.

Sans plus aucun point de repère, tu joues les rebelles, et dénigre tout ce que la vie veut t’enseigner, sans chercher à comprendre. En provoquant la lumière qui fait partie de ton équilibre malgré tes dénégations, tu laisses simplement les ténèbres t’envahir et plonges dans les abysses de cet enfer sans avouer une seule seconde que tout est de ta faute.

Je te connais si bien.

Pour chaque événement malheureux, il te faut toujours un fautif, car tu n’es que victime de ce qu’il t’arrive. Et maintenant que tu as le sentiment de tomber dans un puits sans fond, à qui la faute ?

Eh bien là, belle humanité, tu te permets une infime seconde de croire en une force supérieure, ce « dieu » que tu aimes nommer, afin de démontrer qu’il n’existe pas, car pour te justifier, tu te dis que s’il en existait un, il n’aurait jamais admis ce chaos. Il n’aurait jamais laissé de telles horreurs se produire. Alors, bien évidemment, c’est de sa faute à cette créature, cette chose extérieure à toi. C’est de la faute de l’invisible, car tu n’es qu’un pauvre être sans défense qui n’a aucune influence sur son avenir et ses trajectoires. En toute circonstance, tu es innocente, et tu ne fais que subir cet engrenage catastrophique. Toutes ces accusations sans te douter un seul instant que ce dieu en lequel tu voulais tant croire une seconde, est juste là, en toi, mais que tu ne lui as jamais laissé une seule fois la chance de s’exprimer, de peur de faire preuve de faiblesse… Alors tu préfères l’étouffer de bêtises et te créer un monde de désordre absolu, tout simplement car l’écouter serait trop dur. Il y aurait trop de remises en question sur ce que tu as passé tellement de siècles à construire et à accomplir.

Tu te voiles la face et tu refuses systématiquement de laisser cette lumineuse partie de toi se mettre en œuvre, car celle-ci demanderait un travail profond, long, déplaisant au premier abord, et surtout constant. Une volonté de chaque instant. Toute cette discipline et ces sacrifices quant à un confort fictif, tu juges que tu n’es pas prête pour cela, et tu choisis la facilité, celle qui ne demande rien d’autre que l’amusement, la destruction, les plaisirs vite comblés de la seule dimension que tu penses devoir exister.

Mais c’est parce que tu ne sais pas encore que la lumière est indestructible et que le feu ne s’éteindra jamais, même si parfois il se réduit à l’état de petite étincelle. Tu as trop peur de ton propre pouvoir pour en avoir la foi.

Les gardiens sont toujours là, à chaque époque, pour combattre ce chaos et semer sans cesse de l’espoir et de l’amour en toutes choses. Ils ont pour mission la plus longue et la plus difficile, mais la seule qui conduira à l’harmonie, à ton but véritable.

Cela fait déjà des millénaires qu’ils œuvrent et combattent pour cette cause, et pourtant, ce n’est que le commencement.

Un nouveau monde se met en place, et il a besoin, plus que jamais de ses fidèles gardiens et protecteurs pour l’aider dans cette nouvelle évolution de toi, humanité…

Toi, humanité que j’aime tant, et que j’ai peine à voir souffrir, à cause de tes choix et de ton comportement.

Et pourtant je sais, j’ai vu toutes les merveilleuses choses dont tu es capable.

Laisse-moi t’aider à trouver ton équilibre.

Je suis là, à chaque instant, prêt à te tendre la main. À te guider sur ton chemin.

Oui. Si tu savais comme je t’aime, belle humanité…»